L’enquête révèle les failles de l’assurance dentaire publique

July 16, 2010

L’article1 du JADC résumant les faits saillants du volet sur la santé buccodentaire de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé est instructif et bien présenté. L’introduction du Dr Peter Cooney, dentiste en chef de Santé Canada, est également pertinente : «Maintenant que ces rapports sont publiés, il nous incombe à tous, du secteur de la santé dentaire au Canada, de passer les résultats en revue pour déterminer nos forces, les améliorations à apporter et des façons de collaborer pour aborder les problèmes qui y sont soulevés.»

À mon sens, le point le plus sérieux soulevé dans l’article est le fait que le groupe de population dont la santé dentaire est la pire n’est pas celui des démunis non assurés, mais plutôt le groupe des personnes qui détiennent une assurance dentaire publique. Cette situation trompe toute attente raisonnable, et notre profession et le Dr Cooney, en sa qualité de dentiste en chef du Canada, ne peuvent permettre qu’elle dure. Parmi les Canadiens qui ont signalé des douleurs à la bouche, 18 % bénéficient d’un régime d’assurance public, soit le pourcentage le plus élevé pour tout groupe présenté, même plus élevé que celui du groupe à faible revenu, dont 50 % n’ont pas d’assurance dentaire. Tout dentiste sait que si la santé dentaire d’un patient est suffisamment mauvaise pour lui causer vraiment des douleurs, c’est parce qu’elle est assez déplorable. Comment cela peut-il se produire dans une population ayant une assurance dentaire?

Suivant les résultats de l’article, il est évident qu’on doit disposer de données pour comparer la santé dentaire des Canadiens détenant une assurance dentaire privée à celle des Canadiens ayant une assurance dentaire publique. J’espère que le Dr Cooney saura relever son propre défi, à savoir nous faire travailler ensemble et communiquer à la profession, grâce à des publications comme le JADC, les résultats de comparaisons semblables. Comme le Dr Cooney est vraisemblablement en meilleure position que tout autre dentiste canadien pour agir avec efficacité, j’espère également qu’il s’engagera à faire tout en son pouvoir pour corriger cet écart.

À mon avis, l’un des problèmes à l’origine de cette situation est l’accès aux soins dentaires. C’est là un champ d’action où des mesures efficaces peuvent être prises presque dès maintenant. Par exemple, pour être indemnisés quand ils offrent des soins dentaires aux patients inscrits au Programme des services de santé non assurés, les dentistes sont tenus de signer une entente que leurs propres avocats leur conseillent de ne pas signer. Il est impossible d’imaginer que le Dr Cooney ne puisse réussir à persuader la partie qui exige cette entente d’en modifier les termes de manière à ce qu’un avocat puisse conseiller à un dentiste de la signer.

Des données sûres sont très précieuses pour déceler les failles, et il convient de féliciter le Dr Cooney non seulement pour rendre ces données disponibles, mais aussi pour vouloir déterminer les domaines à améliorer et travailler avec l’ensemble de la profession en vue de résoudre les problèmes soulevés.

Dr Jay Winburn
Brandon (Manitoba)

Référence

  1. Faits saillants du volet sur la santé buccodentaire de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé de 2007–2009 [rapport spécial]. J Can Dent Assoc. 2010:76(3):145-50.

Note de la rédaction : Le Bureau du dentiste en chef n’est pas chargé du Programme des services de santé non assurés (SSNA). Ce programme est géré séparément par Santé Canada.

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