Numéro 5, 2010

September 15, 2010
 


Numéro 5, 2010

Un service aux membres destiné à vous renseigner sur de nouvelles publications importantes, utiles à votre pratique.

Dans ce numéro du JADC Express, nos collaborateurs vous proposent des articles sur le coiffage de la pulpe, les traumatismes dentaires, les essais de résistance adhésive et le traitement des problèmes temporomandibulaires.

Le JADC tient à remercier encore une fois les généreux éditeurs des articles sélectionnés qui offrent un accès gratuit aux articles intégraux jusqu'au 17 octobre 2010. Pour en savoir plus sur ces publications, cliquez sur les liens dans la section Notes et nouvelles.

Vous pouvez consulter le JADC Express à partir de notre site Web à JCDAf.ca. Nous sommes ravis d'offrir une nouvelle composante audiovisuelle qui rehausse la présentation de nos articles de recherche conventionnels. Les Drs Richard Price et Mary Dabuleanu ont créé, respectivement, une vidéo YouTube et un article sous forme de présentation narrative, afin d'aider les dentistes praticiens au point de service. Si vous aimeriez soumettre une contribution audiovisuelle semblable, veuillez communiquer avec moi par courriel.

Cordialement,

Dr John P. O'Keefe
Rédacteur en chef du JADC
jokeefe@cda-adc.ca

   

Coiffage de la pulpe

Le Dr Terry Donovan est directeur des biomatériaux au Département de dentisterie opératoire à l'École de médecine dentaire Chapel Hill, Université de la Caroline du Nord. Le Dr Donovan, un conseiller de rédaction du JADC, recommande :

Hilton TJ. Keys to clinical success with pulp capping: a review of the literature. Oper Dent 2009;34(5):615-25.

Texte intégral de l'article
L'accès à la version intégrale de cet article est expiré.

Points clés :

  • Une restauration bien scellée est essentielle pour assurer la survie de la pulpe après un coiffage direct ou indirect. Si la dent est asymptomatique et qu'une restauration bien scellée a été mise en place, les chances de survie à long terme de la dent sont très bonnes.
  • Les dentistes devraient éviter à tout prix d'exposer la pulpe. Les données montrent en effet qu'il vaut mieux laisser une carie résiduelle dans la dent qu'exposer la pulpe.
  • S'il y a exposition de la pulpe, l'hémorragie doit être maîtrisée avant de procéder au coiffage. De l'eau, une solution saline ou de l'hypochlorite de sodium peuvent être utilisés pour maîtriser efficacement le saignement.
  • L'hydroxyde de calcium demeure le matériau de référence pour le coiffage direct de la pulpe; ce matériau présente les meilleurs résultats à long terme et le meilleur rapport coût-efficacité.
  • À court terme, l'agrégat minéral de trioxyde (MTA) utilisé comme matériau de coiffage direct donne des résultats comparables, mais non supérieurs, à ceux obtenus avec l'hydroxyde de calcium, malgré les allégations exagérées de certains spécialistes.
  • Le MTA est un matériau de coiffage efficace, car il produit de l'hydroxyde de calcium durant la prise et qu'il agit ensuite de réservoir d'hydroxyde de calcium.
  • L'oxyde de zinc eugénol, l'ionomère de verre, l'ionomère de verre modifié à la résine et les adhésifs dentinaires sont de très mauvais matériaux pour le coiffage direct de la pulpe et ils ne devraient pas être utilisés à cette fin.

Raisons pour recommander cet article :

Il y a des cas où le dentiste clinicien devrait envisager un coiffage direct ou indirect de la pulpe car, lorsque cette procédure réussit, elle peut permettre à des patients de conserver une dent sans avoir à assumer les coûts associés à un traitement endodontique et à la mise en place d'une couronne. Il existe toutefois une certaine confusion au sein de la profession concernant l'efficacité du coiffage pulpaire et les meilleurs matériaux et techniques à utiliser à cette fin. Cette confusion est exacerbée par le marketing dynamique dont font l'objet certains matériaux et par des allégations d'efficacité exagérées. Le Dr Hilton passe en revue la vaste documentation sur le coiffage pulpaire, présente une analyse fondée sur des données probantes des différentes questions qui se posent et tire des conclusions très précises qui devraient être utiles pour tous les dentistes en dentisterie restauratrice.

   
 

Traumatismes dentaires

La Dre Azita Zerehgar est dentiste pédiatrique à Toronto. La Dre Zerehgar recommande :

Andreasen JO, Laurdisen E, Andreasen FM. Contradictions in the treatment of traumatic dental injuries and ways to proceed in dental trauma research. Dent Traumatol. 2010;26(1):16-22. Epub 2009 Oct 7.

Texte intégral de l'article
L'accès à la version intégrale de cet article est expiré.

Points clés :

  • Cet article passe en revue les données à l'appui des nombreux protocoles types pour le traitement des traumatismes dentaires tels que les fractures coronaires, les fractures radiculaires, la luxation et l'avulsion. Se basant sur des données contraires issues d'études cliniques récentes, les auteurs remettent en question la validité du fondement scientifique de nombreux protocoles standards utilisés par les dentistes pour le traitement de ces traumatismes.
  • Dans le cas des fractures coronaires, le traitement standard consiste à couvrir la dentine pour prévenir l'introduction de bactéries; les auteurs font toutefois valoir qu'une pression pulpaire positive favorise le mouvement des fluides à l'intérieur de la dentine, ce qui pourrait inhiber mécaniquement l'introduction des bactéries par les tubules.
  • En ce qui a trait aux fractures radiculaires, les auteurs allèguent que, ni le report du traitement de plusieurs jours, ni le jumelage prolongé des dents, n'a quelque influence sur le processus de guérison. Ils indiquent également que l'absence de jumelage ou un jumelage souple sont préférables à un jumelage rigide.
  • Quant à la luxation, les auteurs allèguent que le repositionnement optimal de la dent n'a pas d'effet positif important sur la guérison pulpaire et que la prise d'antibiotiques pourrait nuire à la guérison du parodonte dans les cas de luxation et de fractures radiculaires. De plus, le repositionnement pourrait au contraire endommager le ligament parodontal et la pulpe et accroître le risque de nécrose pulpaire, de résorption radiculaire et de complications durant la guérison marginale.
  • Dans les cas d'avulsion, le traitement standard consiste en une réimplantation rapide, un bon rinçage de la dent et une antibiothérapie. Les auteurs présentent les résultats contradictoires obtenus dans le cadre d'études sur le rinçage de la surface radiculaire qui font état d'une résorption radiculaire après le rinçage. De plus, si la pulpe ou le ligament parodontal sont fortement endommagés, les antibiotiques à action systémique pourraient ne pas se répandre efficacement dans la zone atteinte.

Raisons pour recommander cet article :

Le Dr J.O. Andreasen est un chef de file mondial dans le domaine des traumatismes dentaires. Cet article, qui suscite la réflexion, met en lumière les résultats d'études cliniques récentes qui fournissent des données probantes allant à l'encontre de certaines opinions généralement reçues. Les auteurs s'appuient sur ces résultats pour mettre en doute la validité des preuves à l'appui d'un grand nombre de protocoles acceptés pour le traitement des traumatismes dentaires. Il m'apparaît utile de remettre en question des procédures devenues habituelles, car ce qui peut sembler aujourd'hui une hérésie scientifique pourrait devenir les opinions reçues de demain.

Le fait de connaître les lacunes des protocoles de traitement classiques pourrait aider à expliquer les conséquences imprévues de nos traitements. Il reste encore beaucoup de recherches à mener dans le domaine des traumatismes dentaires, mais de nombreux facteurs font obstacle à la conduite d'essais cliniques concluants dans cette discipline. Compte tenu de ces limites, le site Web consacré au diagnostic et au traitement d'une gamme de traumatismes dentaires (www.dentaltraumaguide.org), qui a été créé par le Dr Andreasen et ses collègues de l'Université de Copenhague, s'avère une ressource détaillée très intéressante.

   

Essais de résistance adhésive

Le Dr Richard Price est professeur au Département des sciences cliniques dentaires à l'Université Dalhousie. Le Dr Price, un conseiller de rédaction du JADC, recommande :

Van Meerbeek B, Peumans M, Poitevin A, Mine A, Van Ende A, Neves A, et al. Relationship between bond-strength tests and clinical outcomes. Dent Mater. 2010;26(2):e100-21. Epub 2009 Dec 16.

Texte intégral de l'article
L'accès à la version intégrale de cet article est expiré.

Points clés :

  • Les auteurs ont examiné 744 articles qui ont évalué la résistance d'adhésion des résines dentaires à la structure de la dent. Ils ont observé une grande variation entre les méthodes d'essai utilisées in vitro et les résultats des tests de résistance d'adhésion pour les mêmes matériaux.
  • L'essai de résistance le plus répandu est l'essai de résistance adhésive en microtension (60 % des articles examinés ont utilisé cette méthode), suivi des essais en macrocisaillement, en microcisaillement et en macrotension. Il semble par ailleurs que l'essai de résistance en microtension soit plus efficace que les essais de résistance au cisaillement classiques pour établir une distinction entre les adhésifs en fonction de leur résistance d'adhésion.
  • La plupart des études ont évalué la résistance d'adhésion immédiatement ou après un délai de 24 heures, ce qui n'est pas idéal. Une méthode éprouvée d'évaluation de la durabilité de l'adhésion consiste à conserver des microéchantillons dans l'eau pendant au moins 3 mois; après ce délai, toutes les catégories d'adhésifs ont présenté des preuves mécaniques et morphologiques de dégradation qui se rapprochaient davantage des résultats in vivo.
  • Les auteurs ont observé une corrélation significative entre les données sur la résistance d'adhésion à plus long terme et les données cliniques après 5 ans. En revanche, aucun rapport un à un n'a été établi entre les données in vitro et les données in vivo après 2 ans, ce qui pourrait être dû au fait que bon nombre d'adhésifs affichent toujours un taux de rétention très élevé après 2 ans (environ la moitié des études font état d'un taux de rétention supérieur à 95 % après 2 ans).
  • Idéalement, l'efficacité clinique des adhésifs devrait être évaluée dans le cadre d'essais cliniques sur des préparations de classe V sans rétention. Les restaurations en résine de classe V devraient durer longtemps. Dans l'une des études examinées, 94 % des restaurations du groupe témoin (OptiBond FL utilisé en association avec Prodigy, Kerr) étaient toujours fonctionnelles après 13 ans d'usage en conditions cliniques.
  • Au moment de choisir un adhésif à utiliser en pratique clinique, les dentistes devraient se baser sur des essais cliniques et des études in vitro qui présentent des résultats sur la résistance d'adhésion à long terme. Ces études devraient en outre prévoir l'utilisation d'un protocole classique de mordançage et rinçage en 3 étapes dans le groupe témoin.

Raisons pour recommander cet article :

Les praticiens veulent obtenir une résistance d'adhésion durable entre les résines et la structure de la dent. Il est toutefois difficile de choisir entre les nombreux adhésifs qui sont offerts sur le marché, d'autant que les fabricants lancent souvent un nouveau produit ou une «nouvelle génération» de produits avant même que le produit précurseur ait fait l'objet d'une évaluation clinique pendant au moins 5 ans, ce qui ajoute à la difficulté. Cet article, qui a été présenté à la réunion 2009 de l'Academy of Dental Materials, présente un examen à jour et exhaustif des données probantes sur l'efficacité clinique des essais de résistance adhésive. Les auteurs concluent dans l'ensemble que les adhésifs automordançants sont ceux pour lesquels les preuves d'efficacité clinique sont les moins nombreuses et que les systèmes classiques avec mordançage et rinçage en 3 étapes demeurent la référence dans ce domaine. Les adhésifs automordançants en 2 étapes, de préférence combinés à un mordançage sélectif de l'émail par l'acide phosphorique, semblent tout aussi efficaces.

Entrevue avec le Dr Bart Van Meerbeek :


Écouter l'entrevue du JADC Express avec le Dr Bart Van Meerbeek, auteur principal de l'article sur les essais de résistance adhésive.

   

Traitement des problèmes temporomandibulaires

Le Dr Howard Tenenbaum est professeur de parodontologie à l'Université de Toronto, l'Université du Manitoba et l'Université Tel Aviv, en Israël. Il est également vice-président du Comité consultatif fédéral des soins dentaires de Santé Canada. Le Dr Tenenbaum recommande:

Treatment for temporomandibular joint dysfunction: guidelines. Canadian Agency for Drugs and Technologies in Health. Health Technology Inquiry Service Report. Ottawa, Ontario. 17 May 2010.

Texte intégral du rapport
L'accès à la version intégrale de cet article est expiré.

Points clés :

  • Cet article passe en revue les nombreux traitements qui s'offrent aux patients atteints de problèmes temporomandibulaires (PTM).
  • La plupart des traitements des PTM (p. ex., acupuncture, plaques occlusales, thérapie comportementale, physiothérapie, pharmacothérapie, traitements électrophysiques, traitements chirurgicaux) offrent un degré d'efficacité comparable.
  • Cet article énonce d'importantes préoccupations concernant la qualité douteuse et la valeur (faible à modérée) des données probantes à l'appui des différents traitements.
  • Une conclusion étonnante concerne le peu de preuves attestant de l'efficacité de la chirurgie de remplacement articulaire. Cependant, je crois que les auteurs du rapport discutent du remplacement articulaire en général pour le traitement d'un large éventail de problèmes temporomandibulaires, ce qui pourrait en expliquer le faible degré d'efficacité. Si l'article avait porté sur des pathologies particulières (p. ex., traitement de la destruction pathologique ou traumatique de l'articulation temporomandibulaire), il aurait peut-être fourni davantage de données à l'appui de la chirurgie de remplacement articulaire dans des conditions plus précises. Le manque apparent de données probantes dans la documentation actuelle ne permet pas de tirer pareille conclusion.
  • Comme la plupart des traitements des PTM (à l'exception de l'ajustement occlusal) semblent procurer des avantages appréciables, le dentiste prudent devrait envisager le traitement le moins invasif et le plus réversible, une solution qui pourrait également s'avérer la moins coûteuse.

Raisons pour recommander cet article :

Ce rapport est très utile pour les dentistes généralistes, car il illustre la grande quantité de données probantes nécessaire pour appuyer quelque traitement que ce soit pour un PTM et montre que, malgré l'abondance de recherches, ces preuves n'existent toujours pas. Cependant, cette étude montre également qu'il existe une grande variété de traitements efficaces pour les PTM. Fort de ces connaissances, le clinicien peut conseiller à ses patients d'éviter les traitements trop invasifs, dont la supériorité des résultats par rapport aux traitements non invasifs et réversibles est discutable. De plus, les traitements invasifs sont souvent beaucoup plus coûteux. À mon avis, lorsqu'un problème ne peut être traité par des mesures simples, réversibles et non invasives, le dentiste devrait diriger le patient vers un spécialiste.

 


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Le JADC est l'organe officiel de l'Association dentaire canadienne, offrant un dialogue entre l'association nationale et la communauté dentaire. Il sert à publier d'intéressants articles scientifiques et cliniques et à informer les dentistes sur des sujets importants pour la profession.







NOTES ET NOUVELLES

Jetez un coup d'œil sur les publications qui paraissent dans ce numéro

Operative Dentistry

Dental Traumatology
(éditeur : Wiley)

Dental Materials
(éditeur : Elsevier)

 

Présentations audiovisuelles sur le site JCDAf.ca

Price RBT, Felix CM, Whalen M. Factors affecting the energy delivered to simulated Class I and Class V preparations.
J Can Dent Assoc 2010;76:a94_f.

Dabuleanu M. Managing calcified canal systems: Audiovisual presentation.
J Can Dent Assoc 2010;76:a128_f.

Congrès de l'ADC 2011 : Nouveaux détails sur le site Web

Le prochain congrès de l'ADC se tiendra à Halifax (Nouvelle-Écosse) du 4 au 6 août 2011. Des renseignements sur l'inscription et l'horaire des activités se trouvent maintenant sur le site : www.cdaconvention2011.com

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Dr John P. O'Keefe

jokeefe@cda-adc.ca

 

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