Dentisterie bénévole de la Bolivie à Haïti

April 26, 2010

En octobre 2009, je me suis rendu en Bolivie avec un organisme de bienfaisance (section canadienne de Remote Area Medical Volunteers, www.ramv.ca). J’étais le seul dentiste bénévole d’une équipe comprenant 2 médecins et 6 membres de soutien. Notre voyage avait pour but d’offrir des traitements médicaux et dentaires aux Aïmaras et à d’autres autochtones qui vivent dans des régions éloignées et presque inaccessibles de l’Amazone. Pour mettre les choses en perspective, il a fallu, de l’aéroport de La Paz, faire un trajet de 18 heures en autobus, suivi d’un voyage de 16 heures en bateau, pour atteindre la région de Carmen Del Emero où la vie est aussi primitive qu’on puisse l’imaginer.

Dans le passé, j’ai fait du bénévolat à l’étranger, dans des endroits où il y avait quelque infrastructure dentaire. Il s’agissait de mon premier voyage où il n’y avait absolument aucun outil dentaire de disponible, sauf des daviers, des matériaux de restauration intermédiaires et un semblant de fauteuil dentaire consistant en un banc en bois avec un ballon de soccer en guise d’appui-tête.

Voici quelques-unes de mes observations cliniques : des signes de nombreuses extractions faites par les patients eux-mêmes; un taux élevé d’attrition dentaire alliée à des lésions buccodentaires fréquentes; presque tous les adultes traités étaient partiellement édentés (un seul patient avait une prothèse dentaire pour ses dents manquantes); environ 70 % des adultes accusaient une perte complète ou partielle de la dimension verticale et une déviation de la ligne médiane; presque tous les patients souffraient d’une maladie parodontale, allant d’une gingivite légère chez les jeunes enfants à une maladie parodontale avancée chez les adultes.

Il y avait des signes de nombreuses lésions carieuses profondes en raison de la présence de sucre raffiné dans le régime alimentaire. Cependant, plus une personne vivait loin de la ville, plus son taux de carie était bas.

La plupart des dents brisées résultaient de dommages causés par la carie. Dans de nombreux cas, les conséquences de la dentisterie iatrogène étaient manifestes. Sans une formation adéquate et sans équipement moderne, des fournisseurs de soins de santé locaux mal formés avaient laissé en place plusieurs racines pendant l’extraction; j’ai dû les retirer en effectuant des procédures chirurgicales et non chirurgicales.

En très peu de temps, nous avons délivré à ces villageois un grand nombre de services dentaires urgents qui s’imposaient sérieusement. Ils étaient extrêmement heureux de nos services et se sont montrés très coopératifs. Même si nous ressentons une grande satisfaction à soulager des gens de leur douleur, nous devrions passer plus de temps à enseigner aux villageois les éléments d’une bonne hygiène buccodentaire et générale.

Au moment où j’écris cette lettre, Haïti a un pressant besoin d’aide pour se reconstruire après le désastreux séisme qui a frappé l’île. Je fais appel à mes collègues dentistes et les invite à songer à apporter leur aide professionnelle dans cet effort de reconstruction. Pour commencer, notre clinique a commencé à recueillir des fonds pour le rétablissement d’Haïti. Ma vision à long terme est d’y bâtir un établissement dentaire axé sur les aspects clinique et préventif avec le secours de dentistes canadiens. J’encourage donc tous les dentistes à faire part de leurs idées pour ce projet, afin que nous puissions aider les Haïtiens à retrouver leur sourire. Veuillez adresser vos commentaires et vos suggestions à : Drmirzaei1@gmail.com.

Dr Amir Mirzaei
Ottawa (Ontario)

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