Un chercheur de McGill identifie la protéine associée à une maladie rare des os et des dents

February 26, 2013
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Des chercheurs de l’Université McGill et de l’Université fédérale de São Paulo (Brésil) ont recensé un substrat protéique associé à la forme la plus répandue de rachitisme héréditaire, soit le rachitisme vitaminorésistant hypophosphatémique (RVRH-XLH). Cette maladie résulte en des os mous qui se déforment et cause des abcès dentaires spontanés en raison de la calcification déficiente des dents.

Le Dr Marc McKee, professeur à la faculté de médecine dentaire et au département d’anatomie et de biologie cellulaire de l’Université McGill, de concert avec Betty Hoac, étudiante de troisième cycle à McGill, et la Dre Nilana Barros de São Paulo, ont réussi à cerner le rôle de l’ostéopontine – une importante protéine des os et des dents – dans la mauvaise calcification des tissus osseux et des dents. Leur recherche se fonde sur les résultats d’études antérieures ayant montré que le RVRH-XLH est attribuable à des mutations du gène PHEX. « Quinze années de recherche ont été consacrées à l’identification du substrat protéique pertinent sur le plan physiologique pour l’enzyme PHEX et ont finalement abouti à la découverte du rôle de l’ostéopontine », explique le Dr McKee.

« Le RVRH-XLH résulte en partie d’une fuite rénale des phosphates – éliminés dans les urines –, qui sont des constituants importants des os et des dents, au même titre que le calcium, précise le Dr McKee. En nous penchant sur d’autres facteurs susceptibles de jouer un rôle dans le RVRH-XLH, nous avons eu recours à diverses méthodes expérimentales afin de montrer que l’activité enzymatique du PHEX entraîne la dégradation pratiquement complète de l’ostéopontine dans les os. » Avec un modèle murin sans gène PHEX fonctionnel, ce qui imite le RVRH-XLH chez l’humain, les chercheurs ont montré que l’action inhibitrice de l’ostéopontine agit sur les os, ce empêche leur solidification. On pense que les mêmes mécanismes agiraient pour amollir la dentine et la rendre sujette aux infections et aux abcès caractéristiques du RVRH-XLH.

Ces résultats permettront la mise au point d’une enzymothérapie de remplacement. Ces travaux de recherche, qui ont bénéficié d’un financement des Instituts de recherche en santé du Canada et de la Fondation de recherche de l’État de São Paulo, paraissent dans le numéro de mars 2013 du Journal of Bone and Mineral Research.

Le XLH Network a publié deux dépliants (en anglais), à l’intention des dentistes et des patients, pour expliquer le RVRH-XLH, comment le reconnaître et comment le traiter.

Le RVRH-XLH est une maladie rare qui affecte une personne sur 20 000. Dans le cadre de la Journée internationale des maladies rares, plus de 60 pays et régions du monde tiendront des activités de sensibilisation le 28 février 2013. Pour connaître les évènements prévus au Canada, consultez le site Rare Disease Day.