Numéro 4, 2010

August 10, 2010
 


Numéro 4, 2010

Un service aux membres destiné à vous renseigner sur de nouvelles publications importantes, utiles à votre pratique.

 

Ce numéro du JADC Express propose des articles sur les techniques de régénération parodontale, la prophylaxie dans les cas d’arthroplastie, le syndrome de brûlure de la bouche et les facteurs de risques associés aux cancers de l’oropharynx et de la cavité buccale.

Le JADC est reconnaissant aux généreux éditeurs des articles sélectionnés qui offrent un accès gratuit aux articles intégraux jusqu’au 13 septembre 2010. Pour en savoir plus sur ces publications, cliquez sur les liens dans la section Notes et nouvelles.

Les numéros précédents du JADC Express se trouvent sur notre site Web restructuré à JCDAf.ca. Je vous invite à prendre quelques minutes pour parcourir le site et pour me dire ce qui vous plait ou déplaît et comment on pourrait le rendre plus attrayant. Plus particulièrement, veuillez visiter la section Produits et services et m’indiquer ce qui pourrait la rendre plus utile et incontournable pour vous.

Cordialement,

Dr John P. O'Keefe
Rédacteur en chef
jokeefe@cda-adc.ca

 

   

Les techniques de régénération parodontale

Le Dr Amir Azarpazhooh est candidat dans le Programme de doctorat/spécialité en endodontie et chargé de cours en santé dentaire publique à la Faculté de médecine dentaire de l’Université de Toronto.

Le Dr Howard Tenenbaum est professeur de parodontologie à l’Université de Toronto, l’Université du Manitoba et l’Université Tel Aviv, en Israël. Il est également vice-président du Comité consultatif fédéral des soins dentaires de Santé Canada.

Les Drs Azarpazhooh et Tenenbaum recommandent :

Periodontal regenerative procedures for patients with periodontal disease: a review of clinical effectiveness. Canadian Agency for Drugs and Technologies in Health. Health Technology Inquiry Service Report. Ottawa, Ontario. 5 March 2010.

Texte intégral du rapport
L'accès à la version intégrale de cet article est expiré.

Points clés :

  • Le débridement avec lambeau ouvert est une technique chirurgicale qui vise à favoriser la régénération des tissus parodontaux et qui inclut le lambeau de Widman modifié, la technique de préservation papillaire simplifiée ou modifiée et le lambeau d’avancement coronaire.
  • Le débridement avec lambeau ouvert est souvent associé à des traitements d’appoint courants, dont la régénération tissulaire guidée (RTG), les substituts de greffe osseuse (SGO) et les dérivés de la matrice amélaire (DMA).
  • Selon ce rapport, la majorité des données probantes montrent que les DMA, la RTG et les SGO, utilisés en complément du débridement avec lambeau ouvert, améliorent grandement l’issue clinique du traitement des lésions intra-osseuses, comme en témoignent le gain d’attache clinique et la réduction de la profondeur au sondage.
  • Les résultats de 3 essais comparatifs randomisés n’appuient pas l’utilisation des DMA durant le détartrage et le surfaçage radiculaire non chirurgicaux de routine.
  • Comparativement au débridement avec lambeau ouvert, il a été démontré que la RTG améliore sensiblement le gain osseux dans le traitement des lésions intra-osseuses, ainsi que le gain d’attache durant le traitement des anomalies de furcation sur les premières molaires mandibulaires.
  • L’association de substituts de greffe osseuse (à l’exception du verre bioactif) et du débridement avec lambeau ouvert a sensiblement amélioré le degré de remplissage osseux durant le traitement de lésions intra-osseuses.
  • Il convient de souligner que les résultats présentés dans cette étude sont extrêmement variables. Par conséquent, malgré les gains appréciables associés à ces techniques, il est permis de douter de l’ampleur véritable des gains réalisés.
  • Il s’impose de mener d’autres recherches sur les techniques de régénération parodontale qui, de préférence, donneront des résultats plus fiables et utiliseront des définitions précises des maladies.

Raisons pour recommander cet article :

Ce rapport a été préparé pour le Comité consultatif fédéral des soins dentaires, un comité formé de professionnels de la santé buccodentaire qui conseillent le Bureau du dentiste en chef et les 6 ministères fédéraux qui offrent des services de soins dentaires directement aux clients. Ce rapport présente un examen objectif de données qui comparent l’efficacité clinique des techniques de régénération parodontale à celle de techniques parodontales chirurgicales et non chirurgicales courantes. Cet examen a été réalisé par des membres de l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé, un groupe de chercheurs n’ayant pas d’idées préconçues quant à l’issue prévue des différents traitements.

   
 

Prophylaxie dans les cas d'arthroplastie

Le Dr Blaine Cleghorn est vice-doyen aux services cliniques et professeur agrégé au Département des sciences cliniques dentaires, Faculté de médecine dentaire, Université Dalhousie. Le Dr Cleghorn recommande :

Little JW, Jacobson JJ, Lockhart PB and the American Academy of Oral Medicine. The dental treatment of patients with joint replacements: a position paper from the American Academy of Oral Medicine. J Am Dent Assoc. 2010;141(6):667-71.

Texte intégral de l'article
L'accès à la version intégrale de cet article est expiré.

Points clés :

  • En février 2009, l’Académie américaine des chirurgiens orthopédiques (American Academy of Orthopaedic Surgeons, AAOS) a publié un bulletin d’information (Information Statement) dans lequel elle «recommande aux cliniciens d’envisager l’administration d’une antibioprophylaxie à tous les patients qui ont subi une arthroplastie totale avant toute procédure invasive qui pourrait causer une bactériémie».
  • Ce bulletin d’information de l’AAOS marque un virage important par rapport aux lignes directrices de l’Association dentaire américaine (ADA) et de l’AAOS de 2003 qui stipulaient que «les rapports risques-avantages et coût-efficacité ne justifient pas l’administration de routine d’une antibioprophylaxie».
  • Le bulletin d’information de 2009 de l’AAOS a été élaboré sans la collaboration de la dentisterie organisée ni d’autres spécialités médicales non orthopédiques et il ne fournit aucune justification fondée sur des données probantes à l’appui d’un changement de position aussi radical.
  • L’article publié dans le JADA, qui est un exposé de position de l’Académie américaine de médecine buccale (American Academy of Oral Medicine, AAOM), recommande qu’un examen systématique soit entrepris sur l’usage de l’antibioprophylaxie chez les patients ayant subi une arthroplastie totale. Et en attendant qu’un tel examen soit fait, les auteurs recommandent de ne pas remplacer les lignes directrices conjointes ADA/AAOS de 2003 par les recommandations de l’AAOS de février 2009.

Raisons pour recommander cet article :

Le bulletin d’information de l’AAOS de février 2009 a semé la confusion et soulevé des inquiétudes au sein de la collectivité dentaire au sujet des recommandations relatives à l’antibioprophylaxie chez les patients ayant subi une arthroplastie totale. Cet article du JADA (et l’exposé de position de l’AAOM) présentent des données probantes qui justifient un réexamen de la position de l’AAOS. Dans l’intervalle, les auteurs donnent quelques conseils aux dentistes praticiens et leur proposent 3 options pour la prise en charge en cabinet des patients ayant subi une arthroplastie totale – informer les patients porteurs de prothèses articulaires des risques associés à l’antibioprophylaxie et leur laisser le soin de prendre la décision; continuer de suivre les lignes directrices conjointes ADA/AAOS de 2003; ou proposer au chirurgien orthopédiste de suivre aussi les lignes directrices de 2003.

   

Syndrome de brûlure de la bouche

Le Dr Joel Epstein est professeur au Département de médecine buccale et des sciences diagnostiques, Université d’Illinois à Chicago, Collège de dentisterie. Le Dr Epstein, un conseiller de rédaction du JADC, recommande :

Zakrzewska JM, Forssell H, Glenny AM. Interventions for the treatment of burning mouth syndrome. Cochrane Database of Systematic Reviews 2005, Issue 1. Art. No.: CD002779. DOI: 10.1002/14651858.CD002779.pub2

Texte intégral de l'article
L’accès à la version intégrale de cet article est expiré.

Points clés :

  • Le syndrome de brûlure de la bouche est un trouble associé à une douleur chronique s’apparentant à la douleur névropathique, qui s’observe principalement chez les femmes en périménopause et en postménopause.
  • Le syndrome de brûlure de la bouche peut être associé à d’autres symptômes, notamment à une sécheresse de la bouche et à une altération du goût.
  • Le diagnostic du syndrome de brûlure de la bouche repose essentiellement sur le tableau clinique, l’absence de troubles systémiques sous-jacents pouvant y être associés, ainsi que des tissus muqueux d’apparence normale. La distribution des symptômes est habituellement symétrique et il y a souvent atteinte de la langue pouvant s’étendre au palais et aux lèvres.
  • Cette revue Cochrane de 2005 applique des critères rigoureux pour l’inclusion des études sur le syndrome de brûlure de la bouche, ce qui limite les lignes directrices en matière de soins cliniques.
  • Cette revue présente les résultats d’études ayant examiné 3 techniques différentes pour la prise en charge du syndrome de brûlure de la bouche : thérapie cognitivo‑comportementale, clonazépam et acide alpha-lipoïque. Le clonazépam est le seul de ces 3 options qui semble prometteur. Bien que l’acide alpha-lipoïque ait démontré des bienfaits potentiels, les résultats des études plus récentes ne sont pas positifs. Enfin, l’étude sur la thérapie cognitivo-comportementale était basée sur des mesures d’impact mal définies.

Raisons pour recommander cet article :

Cette revue Cochrane résume efficacement les données probantes recueillies jusqu’en 2005 sur le syndrome de brûlure de la bouche. Bien que cette revue propose des méthodes possibles pour la prise en charge du syndrome de brûlure de la bouche, des études mieux contrôlées devront être menées en utilisant des échantillons de taille adéquate et des mesures d’impact validées. Ces lacunes dans la recherche ont mené à l’organisation d’un atelier sur le syndrome de brûlure de la bouche, qui se tiendra le 28 août 2010 à Montréal (Québec), avant la 13e assemblée annuelle de l’Association internationale pour l’étude de la douleur.

   

Les cancers de l'oropharynx et de la cavité buccale

Le Dr Bob Wood est chef du Département d’oncologie dentaire, prothèse maxillofaciale et oculaire à l’Hôpital Princess Margaret, Toronto (Ontario). Le Dr Wood recommande :

Auluck A, Hislop G, Bajdik C, Poh C, Zhang L, Rosin M. Trends in oropharyngeal and oral cavity cancer incidence of human papillomavirus (HPV)-related and HPV-unrelated sites in a multicultural population. The British Columbia experience. Cancer. 2010;116(11):2635-44.

Texte intégral de l'article
L'accès à la version intégrale de cet article est expiré.

Points clés :

  • Les cancers de l'oropharynx sont maintenant plus communs que les cancers de la cavité buccale. Cette tendance pourrait être due à une augmentation des infections dues au papillomavirus humain (VPH) qui peuvent être transmises par des pratiques sexuelles changeantes, notamment l'exposition à un nombre accru de partenaires sexuels et l'augmentation des pratiques sexuelles buccogénitales. La diminution des cancers de la cavité buccale, que l'on associait généralement à la consommation excessive de tabac et d'alcool, pourrait être due à une diminution du nombre de fumeurs.
  • Cet article appuie l'opinion actuelle voulant que le VPH est un important facteur dans la formation des cancers des voies aérodigestives supérieures. Les dentistes devraient donc examiner avec soin les patients qu'ils ne considéreraient normalement pas comme des candidats à risque de ce type de cancers – à savoir les non-fumeurs des deux sexes.
  • L'évolution des pratiques sexuelles orales a entraîné une hausse des cancers liés au VPH et les pratiques buccogénitales à risque (p. ex., partenaires sexuels multiples, non-utilisation du condom) pourraient contribuer à une augmentation des cancers de l'oropharynx.
  • Comme le comportement sexuel est un sujet délicat à aborder avec les patients en cabinet privé, les risques de cancers liés au VPH devraient être clairement communiqués à la population dans le cadre de campagnes de santé publique et d'éducation.
  • En ce qui a trait aux cancers de la cavité buccale, les décideurs doivent prendre conscience que, comme le Canada est une société multiculturelle, les campagnes de santé publique «universelles» axées sur le renoncement au tabac ne pourront résoudre les problèmes dans toutes les communautés. À titre d'exemple, l'utilisation de la chique de betel est un facteur de risque reconnu chez les populations d'Asie du Sud.
  • Les dentistes devraient chercher à connaître les habitudes orales particulières de tous leurs patients en vue d'adapter les efforts de dépistage et de prévention aux besoins de chacun.

Raisons pour recommander cet article :

Cet article présente un bon résumé de plusieurs questions d'actualité dans le domaine des cancers des voies aérodigestives supérieures. Il rappelle aux dentistes d'éduquer et d'examiner les patients qu'ils n'estimeraient normalement pas sensibles à ce type de cancers. Les auteurs soulignent également les effets positifs que certains efforts passés visant à modifier des comportements (p. ex., l'usage du tabac) ont eus sur l'incidence des cancers de la cavité buccale. Des efforts similaires ciblant d'autres facteurs de risque communautaires (p. ex., les relations buccogénitales avec de nombreux partenaires) pourraient avoir des effets positifs comparables sur les cancers de l'oropharynx.


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Le JADC est l'organe officiel de l'Association dentaire canadienne, offrant un dialogue entre l'association nationale et la communauté dentaire. Il sert à publier d'intéressants articles scientifiques et cliniques et à informer les dentistes sur des sujets importants pour la profession.





NOTES ET NOUVELLES

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Jetez un coup d’œil sur les publications qui paraissent dans ce numéro

Journal of the American Dental Association
(éditeur : Association dentaire américaine)

Cochrane Reviews

Cancer
(éditeur : Wiley)

Naviguez l’avenir à Halifax l’été prochain

Le prochain congrès de l’ADC se tiendra à Halifax (Nouvelle-Écosse) du 4 au 6 août 2011.

Demeurez branché pour plus d’informations :
www.cdaconvention2011.com

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